LE CANCER DES OS


Denses, compacts, les os possèdent une structure yang ; les tumeurs qui s'y forment sont essentiellement dues à une accumulation excessive de sel et de minéraux dénaturés, combinée à l'ingestion trop importante de protéines d'origine animale et de graisse saturée. Entre autres responsables de cet état de surcontraction, citons la viande, les œufs les volailles, le poisson, les fruits de mer et les fromages salés à pâtes dure.

Des facteurs très yin viennent parfois renforcer ces influences et y déterminer l'apparition d'un cancer des os. C'est en particulier le cas du myélome multiple, où la transformation de cellules de la moelle osseuse en globules rouges rend le squelette de plus en plus fragile  susceptible de se fracturer. Cette affection correspond aussi à une paresse intestinale entraînée par l'abus d'aliments situés au sommet des catégories yin et yang. Les premiers se composent des produits laitiers, de produits à base de farine raffinée, du sucre et des sucreries, du café et des stimulants, des boissons gazeuses, des fruits et de légumes tropicaux, des drogues, des médicaments et de tous les produits contenant des produits chimiques ou fabriqués de façon artificielle. Les os, les plus profonds des organes internes sont également très sensibles aux substances radioactives comme le strontium 90, qui transporte le calcium et divers minéraux à l'intérieur des tissus. Les éléments radioactifs s'accumulant au long de la chaine, ce sont donc les produits d'origine animale, le lait et le bœuf par exemple, qui en contiennent le plus.

LE DIAGNOSTIC

Le diagnostic traditionnel s'appuie simplement sur l'observation visuelle, l'acupressure (toucher de certains points d'acupuncture) et divers moyens aussi sûrs que sans danger. Il permet de détecter une maladie grave, donc aussi le cancer, longtemps avant qu'elle ait atteint un stade critique et de préconiser les ajustements alimentaires qui s'imposent.

C'est en observant la structure osseuse qu'on peut apprécier la constitution innée d'un individu, alors que l'évolution qu'il a subie au fil des ans, des mois, des jours se révèle surtout dans les muscles, la peau et les parties les plus périphériques du corps. On peut estimer la constitution du sujet en palpant ses os, en particulier ceux des épaules, des bras et des jambes. Des os forts et bien charpentés sont la marque d'une nature robuste, yang; plus fins et plus légers ils signent au contraire une certaine faiblesse et une fragilité yin. Les personnes du premier groupe mènent volontiers une vie physique et sociale active alors que celles du second sont plus portées vers les domaines spirituels et artistiques.

Des muscles malléables sont révélateurs d'une constitution plutôt yin, nourrie de liquides, de légumes et de fruits; s'ils sont bien fermes, ils indiquent un tempérament plus yang, et une plus grande consommation de céréales, de légumineuses, de produits d'origine animale et de minéraux. La peau fournît elle aussi des indications mais, comme les muscles, qui contiennent eux aussi une part importante de protéines et de graisses, elle est beaucoup plus susceptible d'être modifiée par l'alimentation et l'exercice quotidien que les os, dont la proportion en minéraux est plus élevée. C'est pourquoi, si les muscles et la peau permettent de savoir comment se sont effectués le développement embryonnaire et la croissance, ils traduisent aussi l'état général physique et psychique du moment. Des muscles détendus, une peau fine accompagnent une nature accommodante qui privilégie les choses de l'esprit ; des muscles et une peau plus tendus, plus durs révèlent le goût pour l'activité physique. Il s'agit là de tendances générales qui peuvent varier selon les individus. Le diagnostic visuel tient compte à la foi de la constitution et de l'état général pour déterminer comment s'équilibrent santé et maladie, et il les évalue en observant les fonctions digestives, circulatoires, nerveuses, excrétoires, le squelette et la musculature.

Le cancer des os est un trouble yang qui affecte essentiellement les personnes de stature robuste et celles qui, bien que maigres, sont fortement charpentées. Le développement de cette maladie maligne peut être constaté de bien des façons. Un teint rougeaud, brique ou d'un blanc laiteux, joint à une peau grasse, tant sur le visage que sur le corps, en sont des indices.

Le cancer des os détermine souvent l'apparition d'une coloration verdâtre le long du méridien de la rate, c'est-à-dire du bord interne du gros orteil jusque sur la partie latérale externe de la jambe. Le dos du pied, juste en dessous de la cheville, montre parfois des taches adipeuses ombrées de vert, et l'intérieur des poignets peut lui aussi être marqué d'une nuance vert clair ou bleu foncé. Il arrive que le bord externe de la paume se marbre de rouge et de blanc et que le dos de la main soit entouré d'une nuance verte.

Les ongles des orteils deviennent souvent blancs ou friables, en même temps que des callosités surgissent au bout ou entre les orteils. Les dépôts de mucus solidifié et calcifié qui se forment sur le front peuvent aussi indiquer le développement de ce cancer, tout comme la teinte d'un blanc tirant sur le jaune qui apparaît sur le blanc de l'œil, indice d'une accumulation de mucus. Les doigts deviennent souvent très blancs, surtout au niveau de la deuxième phalange, et se durcissent sur les deuxième et troisième articulations. Ces différents indices et certains autres permettent de déceler un cancer des os en formation et de le prévenir par des moyens naturels.

RECOMMANDATIONS DIÉTÉTIQUES

La cause la plus importante du cancer des os réside dans la consommation longtemps poursuivie de produits d'origine animale, notamment de viande de bœuf et de porc, de volaille, d' œufs, de fromages et autres produits laitiers, de poisson et de fruits de mer – surtout ceux qu'on prépare avec beaucoup de sel. Il faudrait mettre un terme à la consommation des aliments de ce type, riches en lipides, en protéines et en sel. Leurs effets sont encore renforcés par une ingestion trop importante de produits gras et huileux, qu'ils soient de nature animale ou végétale, par l'abus de sucre, de miel, de chocolat, de caroube et de toutes sortes de sucres, des épices, des stimulants, des aliments et des boissons aromatisés, des préparations qui favorisent la formation de graisse et de mucosités comme les produits farineux. Autant de denrées qu'il serait sage de bannir complètement. Il faudrait aussi se passer des boissons gazeuses, des additifs chimiques, de l'alcool et de tous les produits traités, sous forme liquide ou solide, car ils sont susceptibles de contribuer à la formation du cancer.

CONSEILS DIETETIQUES ET PROPORTIONS DES DENREES DE BASE DANS L'ALIMENTATION QUOTIDIENNE

Céréales complètes:
50 à 60 %
du volume total des repas. Les deux plus conseillées pour un usage quotidien sont, par ordre de préférence, le riz complet cuit à la pression et l'orge. Les autres céréales peuvent être utilisées de temps à autre, à l'exception du sarrasin trop yang qu'il vaudrait mieux éviter. Il faut restreindre la consommation du pain et des divers produits farineux, mais on peut parfois s'autoriser du pain complet de blé ou de seigle sans levain, et préparer des nouilles complètes de blé, mais en certaines occasions seulement et en quantité limitée. En revanche, mieux vaut exclure les nouilles de sarrasin. Une à deux fois par semaine, on peut servir un plat de riz frit ou des pâtes sautées.

Soupes: 5 à 10 %,
c'est-à-dire un à deux bols par jour de soupe miso (
miso d'orge en particulier) ou de tamari. On peut préparer les soupes avec des algues (wakamés ou kombu) et des légumes feuillus verts et blancs. On facilitera le rétablissement en y ajoutant systématiquement des morceaux de daikon frais, de navet ou de radis noir et régulièrement, des champignons shiitakés coupés en petits cubes. Outre ces soupes réservées à l'usage courant, on peut aussi en confectionner avec des céréales ou des légumineuses. Le goût de ces potages devrait être plus léger qu'à l'ordinaire.

Légumes: 20 à 30 %.
Toutes les variétés courantes - légumes ronds, feuillus, racines - peuvent servir à composer des plats qu'on fera cuire de diverses façons: à l'eau bouillante, à la vapeur, sautés. Il faut bien sûr éviter les légumes d'origine tropicale comme les pommes de terre, les aubergines, les tomates. Bien que l'huile soit en principe déconseillée en cas de cancer, les personnes atteintes d'un cancer des os peuvent manger, chaque jour ou tous les deux jours, un plat de légumes sautés dans de l'huile de sésame non raffinée. Le mieux serait d'insister légèrement sur les légumes un peu sucrés tels les choux, les oignons, les citrouilles et les courges d'hiver (potimarron) sans négliger pour autant de consommer régulièrement des légumes racines et des légumes feuillus. Pour les assaisonner, on y ajoutera en cours de cuisson du sel marin, du miso ou du tamari en veillant à ce que le goût en soit moins fort que d'habitude.

Légumineuses et produits dérivés: 5 à 10 %.
Toutes les variétés courantes de légumineuses sont autorisées, mais, pour un usage régulier, il est préférable de les choisir de petite taille (
haricots azukis, lentilles et pois chiches par exemple), et de se servir fréquemment des haricots de soja noir. On peut faire cuire les légumes secs avec 10 à 20 % de leur volume de kombu ou d'une autre variété d'algue, 30 à 50 % de courge d'automne et 10 à 30 % d'oignons et de carottes, en assaisonnant légèrement le tout avec du sel marin, du miso ou du tamari. Les produits dérivés du soja comme le tempeh, le tofu (cuit) et le natto seront utilisés avec modération plusieurs fois par semaine.

Algues: 5 % au plus.
On peut en servir sur une petite assiette pour accompagner soupes, plats de légumes et de légumineuses, auxquels on a déjà ajouté des algues. Les différentes variétés convien- nent fort bien, mais il faudrait utiliser surtout des izikis, des aramés et des kombu. Il est de temps en temps possible de les faire cuire avec une ou deux gouttes d'huile de sésame. On les assaisonnera avec un peu de tamari.

En ce qui concerne les autres aliments, il serait préférable de limiter la consommation de poisson et de fruits de mer, voire de s'en passer complètement au cours des premiers mois. Si on en avait très envie, on pourrait servir une petite portion de poisson maigre à chair blanche avec un accompagnement de daikon, de radis ou de gingembre, râpés et légèrement assaisonnés de tamari afin de neutraliser l'effet toxique du poisson. Dans toute la mesure du possible, il faudrait aussi se passer de fruits pendant la période initiale. Si le désir en était trop fort, on pourrait toutefois s'autoriser une petite quantité de fruits de saison cuits ou secs. Il serait sage de supprimer les oléagineux, mais on peut de temps en temps grignoter quelques graines grillées de citrouille ou de sésame. Certains légumes comme les carottes, les choux, les oignons, les potimarrons et les châtaignes ont une saveur naturellement sucrée. Pour satisfaire un désir de goût sucré plus prononcé, rien n'empêche d'utiliser des édulcorants à base de céréales, sirop de riz ou malt d'orge par exemple. Quant à l'envie d'acidité, les prunes umébosis ou leur jus, la choucroute, le vinaigre de riz complet ou glutineux y suppléent fort bien. On se reportera aux conseils généraux pour la prévention du cancer en ce qui concerne l'utilisation des assaisonnements et condiments, en veillant toutefois à les utiliser avec modération et à ne jamais trop relever les plats. Certains condiments sont particulièrement efficaces pour soulager le cancer des os. Tel est notamment le cas du shiso en poudre, confectionné en faisant griller puis en écrasant les feuilles de shiso sèches utilisées pour faire mariner les prunes umébosis. On en saupoudrera une cuillère ou une demi-cuillère à café sur les plats quotidiens de céréales et de légumes.

Il est également recommandé d'absorber fréquemment une tasse de kuzu, boisson qu'on prépare en diluant une cuillère à café de fécule de kuzu dans une tasse d'eau chaude, avant de faire rapidement cuire le mélange en y ajoutant deux cuillères à café de daikon ou de radis râpés et un peu de tamari pour relever. Plusieurs fois par semaine, on peut également boire une tasse de thé bancha auquel on a ajouté une demi-feuille de nori grillée et émiettée.

La soupe de carpe à la bardane redonne des forces aux personnes souffrant d'un cancer des os. De même, le mochi ou le tempeh ajoutés aux soupes miso aident à récupérer vitalité et énergie. Les autres directives ayant trait aux boissons et aux aliments quotidiens sont conformes aux conseils généraux. Il est particulièrement important de mastiquer chaque bouchée jusqu'à ce qu'elle soit devenue liquide, d'éviter de trop manger, et de ne rien absorber au cours des trois heures qui précèdent le coucher.

POUR SE SOIGNER CHEZ SOI

Pour faciliter la réduction de la tumeur, on apposera d'abord une compresse de gingembre pendant cinq à dix minutes, puis un emplâtre de taro (
préparé avec un mélange à parts égales de taro et de racine de lotus fraîche râpée) qu'il faut laisser en place trois à quatre heures. Ces soins doivent être renouvelés quotidiennement pendant quinze jours à un mois.

On active la circulation en se frictionnant chaque jour tout le corps avec une serviette préalablement trempée dans une infusion chaude de gingembre râpé.

Si le malade souffre, les compresses de gingembre et l'emplâtre de taro pourront le soulager. Dans le même but, on peut confectionner un cataplasme en écrasant un volume égal de feuilles de chou et de pommes d terre qu'on maintiendra sur la zone douloureuse jusqu'à ce qu'il soit devenu tiède (compter deux à trois heures), moment où il faut le renouveler.

REMARQUES COMPLÉMENTAIRES

Les personnes atteintes d'un cancer des os devraient soigneusement éviter de séjourner dans une atmosphère moite et humide.

Des plantes vertes placées dans la maison facilitent la circulation de l'air et des flux d'énergie.

Il serait sage de ne pas s'exposer aux radiations électromagnétiques artificielles que produisent, entre autres, les téléviseurs en couleurs, les appareils électriques ménagers et autres équipements. On évitera de la même façon la proximité des sites nucléaires.

Le mieux est de porter des vêtements en coton, surtout à même la peau, et de choisir autant que possible des matières et des tissus en fibres naturelles pour la literie et l'ameublement.


D'après l'enseignement de Michio Kushi et Alex Jack
PREVENIR LE CANCER par l'alimentation macrobiotique