LE CANCER DU PANCREAS


FRÉQUENCE

Au cours des dernières décennies, l'incidence des cancers du poumon s'est accrue dans des proportions plus importantes que toutes les autres pathologies cancéreuses. C'est aujourd'hui celle qui provoque le plus de décès chez les hommes et le nombre de femmes atteintes a plus que triplé, passant de 4 à 15 pour mille. Les trois quarts des malades concernés sont des hommes, généralement âgés de 40 à 70 ans.

La plupart du temps, le foie, le cerveau et les os sont le lieu de métastases, ou au contraire à l'origine du cancer du poumon qui, à 90 %, apparaît sous une de ces quatre formes:

1) le carcinome épidermoïde, tumeur centrale qui finit par envahir les tissus voisins;

2) l'adénocarcinome, qui n'affecte en principe qu'un seul lobe pulmonaire mais s'étend à d'autres sites;

3) le carcinome anaplasique à grandes cellules, semblable à l'adénocarcinome;

4) le carcinome anaplasique à petites cellules, qui se développe rapidement.

Il est rare que ces cancers soient détectés dès le début et 50 % des tumeurs restent inopérables. Pour les trois premières formes de la maladie, les médecins préconisent une intervention chirurgicale suivie d'une radiothérapie. L'opération consiste soit en une lobectomie, excision d'un lobe, soit en une pneumonectomie, ablation totale d'un poumon. Le carcinome anaplasique à petites cellules relève de la chimiothérapie. Il arrive aussi qu'on prescrive des substances chimiques pour les autres formes de tumeurs afin d'atténuer la douleur. 8 % des hommes et 13 % des femmes atteints d'un cancer du poumon connaissent une rémission de cinq ans ou plus, La chimiothérapie administrée pour un carcinome anaplasique à petites cellules peut entraîner une rémission d'un an ou deux,

STRUCTURE

Au nombre de deux, les poumons sont des organes de la respiration qui, comme le cœur, sont abrités par la cage thoracique, De forme conique, ils se divisent en cinq lobes, trois sur le poumon droit et deux sur le gauche, Les lobes eux-mêmes se subdivisent en bronches et en alvéoles, ces dernières consistant en milliers de petits sacs d'air. Au cours de la respiration, l'oxygène pénètre dans les poumons où il est capté par le sang au niveau des alvéoles, parcourues par un ensemble de vaisseaux sanguins couvrant environ 150 mètres carrés, Le sang oxygéné gagne le cœur où il passe des artères aux cellules. Dans les cellules de l'organisme, l'oxygène s'associe aux sucres et aux graisses métabolisés pour produire de l'énergie et dégage de l'eau et du gaz carbonique. Recueilli dans le sang, celui-ci est acheminé jusqu'aux poumons d'où il est exhalé. Les poumons sont par ailleurs des organes essentiels à la réception de l'énergie électromagnétique de l'environnement et à la stimulation de certains processus digestifs, notamment les fonctions excrétoires du gros intestin.

CAUSES DU CANCER

Du fait de leur incidence croissante, les cancers du poumon font l'objet d'une attention considérable de la part de la médecine moderne, Le tabac en serait la cause principale et les épidémiologistes affirment que sa suppression permettrait d'éviter 80 à 90 % des tumeurs du poumon. D'autres chercheurs ont mentionné une association entre ces cancers et l'augmentation de la pollution de l'air ambiant ou des lieux de travail. A Houston, par exemple, la mortalité par cancers du poumon s'est accrue de 53 % au cours des années soixante-dix, ce qui correspondrait à l'extension des usines pétrochimiques et des raffineries dans la région. L'incidence des cancers du poumon est par ailleurs plus élevée chez les ouvriers en contact avec l'amiante, ceux qui travaillent dans les mines de cuivre ou qui manipulent du plomb ou du zinc. Depuis plusieurs années, les scientifiques se penchent sérieusement sur le rôle protectif de l'alimentation à l'égard de cette maladie. Diverses études médicales montrent qu'elle est plus rare chez les sujets consommant régulièrement des carottes et des légumes de couleur verte ou jaune en raison de leur teneur en béta carotène, précurseur de la vitamine A.

Ces hypothèses participent d'un effort pour comprendre l'extension du mal. Toutefois, la cause fondamentale n'en est ni le tabac, ni la pollution, ni une carence en vitamines, mais un déséquilibre longtemps maintenu des pratiques alimentaires quotidiennes. Localisés au milieu du corps, les poumons ont une structure assez harmonieuse qui combine les caractères de l'expansibilité (yin) et de la contractilité (yang). Les troubles des fonctions respiratoires, et donc les tumeurs du poumon, sont dus à l'abus d'aliments des deux catégories yin et yang extrême, notamment la viande, les œufs, la volaille, les produits laitiers, la farine raffinée, le sucre, les graisses et les huiles, les fruits et jus de fruits, l'alcool, les stimulants, les produits chimiques et les médicaments.

Nous l'avons déjà vu, au fur et à mesure que la maladie se développe, l'excès de substances acides, de produits entraînant la formation de mucus et d'aliments gras s'accumule en diverses parties de l'organisme, plus particulièrement dans les sinus, l'oreille interne, les seins, les poumons, les reins et les organes sexuels. En ce qui concerne les poumons, non seulement les mucosités déclenchent des manifestations symptomatiques telles la toux et la congestion pulmonaire, mais elles obstruent aussi souvent les alvéoles, rendant la respiration plus difficile. En toussant, on arrive parfois à détacher un peu du mucus qui tapisse les bronches et à l'expectorer, mais à partir du moment où il enrobe les alvéoles, il est plus fermement fixé et peut se maintenir en place longtemps. Ce milieu gluant va dès lors attirer et retenir les éléments nocifs des polluants atmosphériques
(notamment les composés carbonés) ou la fumée de cigarette qui pénètrent dans les poumons. Au pire, de tels dépôts engendreront des tumeurs, dont la raison essentielle est néanmoins l'accumulation de graisse visqueuse et de mucus dans les alvéoles et les capillaires sanguins qui les entourent.

On comprend mieux le problème du tabac et le rôle qu'il joue dans la maladie lorsqu'on le relie à l'alimentation quotidienne. Les Indiens d'Amérique du Nord ont fumé du tabac pendant des siècles sans pour autant développer de cancers, et ils faisaient même un usage médicinal de cette plante. Une des principales différences entre l'attitude des Indiens à l'égard du tabac et la nôtre, c'est qu'ils consommaient une alimentation équilibrée à base de maïs et de diverses variétés de céréales, de plantes sauvages, de légumes mûris sur place ou conservés pour l'hiver, de fruits de saison, de graines et d'une quantité minime ou modérée de gibier. Comme le suggèrent des études récentes, dans les sociétés qui ont conservé des pratiques alimentaires traditionnelles et où l'usage du tabac est répandu il n'y a pas d'association évidente entre le fait de fumer et les cancers du poumon.

La qualité des tabacs modernes contribue par ailleurs à accroître les affections respiratoires. Celui que les Indiens fumaient était cultivé sans engrais phosphatés et sans pesticides artificiels et séchait à l'air libre. Aujourd'hui, le tabac est issu de plants qui ont fait l'objet de traitements chimiques massifs et dont on a accéléré le temps de séchage, le ramenant de trois mois environ à six jours. En outre, les cigarettes vendues dans le commerce contiennent 5 à 20 % de sucre, ainsi que des agents de texture qui conservent l'humidité et diverses substances synthétiques destinées à rehausser l'arôme et le goût. En Union Soviétique, en Chine, à Taiwan, pays où le tabac n'est pas traité ou mêlé à du sucre, les recherches médicales ne font dans l'ensemble pas état de corrélation significative entre l'habitude de fumer et les cancers du poumon.

Des expériences de laboratoire ont également montré que, chez la souris, l'inhalation de tabac reste sans conséquences si les rations alimentaires contiennent peu de matières grasses, alors qu'elle entraîne la formation de tumeurs si l'alimentation est riche en lipides. On peut en déduire que le tabac chimiquement traité s'associe de façon synergique à la consommation de graisses, de sucre, d'huile et autres aliments du même ordre pour majorer le risque de cancer du poumon. De la même façon, des poumons sains peuvent supporter et neutraliser dans des proportions importantes la pollution de l'air les poussières métalliques et toutes les agressions chimiques de l'environnement. C'est pourquoi les non-fumeurs qui se nourrissent de façon équilibrée ne sont en principe pas gênés par les cigarettes consumées dans leur entourage; leurs poumons assurent correctement leurs fonctions et filtrent naturellement les particules en suspension sans qu'ils soient incommodés. En revanche, si leurs bronches sont tapissées d'une couche de graisse et de mucus due à la consommation de viande grasse et de sucre, ou de produits laitiers et de sucreries dans le cas des végétariens, les non-fumeurs éprouvent souvent une désagréable irritation quand les particules de la fumée pénètrent dans leurs bronches. Le mieux serait bien sûr d'éviter toute pollution par le tabac et, dans toute la mesure du possible, de ne pas travailler ou vivre à proximité d'industries chimiques ou de lieux où sont entreposés des déchets dangereux. Certains individus sont toutefois mieux immunisés que d'autres contre les substances toxiques, grâce à leurs habitudes alimentaires et à leur constitution physique ou à des caractéristiques innées qui leur ont été transmises par le biais de l'alimentation maternelle au cours de la grossesse. A cause de ses effets contractants et asséchants, le tabac est classé par la médecine extrême-orientale au rang des substances yang. Les fumeurs sont souvent plus minces
(plus yang) que les non-fumeurs, et la plupart d'entre eux prennent du poids (deviennent plus yin) lorsqu'ils cessent de fumer. Le fait de fumer produit donc une contraction du corps et accroît l'alcalinité du sang. Ainsi que les Indiens l'avaient découvert, l'usage modéré de tabac pur a une influence calmante et peut renforcer la résistance aux rhumes, à l'infection et aux troubles chroniques engendrés par une trop grande acidité.

Les principes de contractilité
(yang) et d'expansibilité (yin) peuvent aussi servir à comprendre pourquoi dans les sociétés modernes un si grand nombre de gens sont tentés par le tabac, et pourquoi ils en font un usage abusif en fumant beaucoup plus que ne le faisaient les Indiens. La nicotine, ingrédient essentiel du tabac, est très yang. Autrefois, les fermiers du Sud des Etats-Unis pulvérisaient fréquemment du jus de tabac sur leurs cultures pour les protéger des parasites et des maladies. Il se passe à peu près la même chose dans l'organisme: les bactéries à l'origine de maladies ne peuvent se développer dans un environnement alcalin. Or, en temps normal, le pH du sang est un peu alcalin. Si une alimentation à base de céréales complètes, de légumes cuits et de fruits de saison entretient cet état légèrement yang, de toute évidence la proportion importante de viande et de sucre de la nourriture moderne contribue à rendre le sang acide. Parmi les aliments à l'origine de cette acidité on trouve également les œufs, les volailles, les produits laitiers, les farines raffinées, les produits farineux et les stimulants. L'attirance physiologique pour la nicotine (yang) répond au besoin de restaurer un pH correct et de contrebalancer l'acidité (yin) du sang. A un niveau biochimique, la nicotine élève le taux de glucose sanguin. Souvent hypoglycémiques, les grands fumeurs souffrent d'une carence du sang en glucose, d'autant qu'il consomment trop peu d'hydrates de carbone complexes. Cet état, provoqué par la consommation excessive de matières grasses, de protéines, de sucre ou d'alcool peut se traduire par des dysfonctionnements du pancréas ou du foie, une insuffisance surrénale et un comportement émotionnel en dents de scie. Plus le sang est affaibli, plus grand est le désir de fumer. Et plus on fume, plus grande est la quantité d'oxyde de carbone dégagée dans le sang et plus le cœur doit travailler.

Les Indiens fumaient tout au plus quelques cigarettes par jour et passaient parfois de longues périodes sans fumer. La plupart des sociétés traditionnelles ont vécu des siècles sans tabac, et le besoin de fumer ne correspond à aucune nécessité biologique. Peut-être les Indiens d'Amérique du Nord furent-ils séduits par ce passe-temps parce que leur aliment de base, le maïs, est une des céréales les plus expansibles, les plus yin, et qu'ils avaient trouvé là un moyen de vivre en harmonie avec leur environnement naturel. Le principe d'unification du yin et du yang permet de saisir les effets physiologiques et synergiques du tabac chimiquement traité dans le surcroît de travail imposé aux systèmes circulatoires et respiratoires et l'apparition des cancers du poumon. Même si elle est aggravée par le tabac, l'épidémie de cancers du poumon en Occident est avant tout une maladie par suralimentation qui correspond au bond de l'agriculture industrialisée et aux bouleversements des pratiques alimentaires à l' œuvre depuis la Deuxième Guerre mondiale. Les cancers du poumon redeviendraient aussi rares qu'ils l'étaient au début du siècle si nous retournions à une nourriture quotidienne centrée sur les céréales complètes, les légumes, les fruits mûris sur place, et ne comportant qu'un minimum de produits d'origine animale. La vitamine A et le béta carotène présents dans certains aliments assurent une protection, mais il y a bien d'autres exemples de nutriments bénéfiques aux poumons. La mise sur pied d'une agriculture naturelle à vocation régionale se traduirait par une diminution substantielle de la pollution de l'environnement et une amélioration générale de la santé. Il deviendrait inutile d'utiliser autant de produits chimiques pour les cultures, autant de pétrole pour acheminer les produits et le bétail, autant de métaux pour fabriquer les machines agricoles.

S'interroger sur les causes du cancer permet de constater que l'alimentation touche à bien des problèmes sociaux que seule la modification des pratiques alimentaires quotidiennes permettra de résoudre.

LE DIAGNOSTIC

Les médecins emploient divers moyens pour s'assurer de l'existence d'un cancer du poumon. Citons notamment les radiographies, les tomographies et les scanners du thorax, des os, du foie, les scintigra- phies, les bronchoscopies et l'examen des crachats. Une fois les tumeurs détectées, on en vérifie la localisation à l'aide de biopsies diverses comme la pleuroscopie, intervention chirurgicale consistant à vider d'air un poumon avant de l'examiner, et la médiastinoscopie, observation des ganglions lymphatiques après une petite incision à la base du cou. La médecine orientale diagnostique l'état des poumons en observant les joues, partie du visage qui leur correspond. Une complexion cireuse, la pâleur ou un bouffissement indiquent un affaiblissement et une insuffisance pulmonaires pouvant accompagner une tuberculose. Ceux qui y sont sujets souffrent souvent d'une mauvaise circulation, de difficultés respiratoires, d'une asthénie des muscles thoraciques s'accompagnant de contractures et de tensions dans les épaules; leur posture est relâchée et ils présentent une propension à l'anémie ou à la prise de poids. Avec le temps, ce terrain peut évoluer en pleurésie, en emphysème pulmonaire, en asthme, voire en cancer du poumon ou du sein. Ce mauvais état général des poumons est la conséquence d'une ingestion excessive de graisses solides
(d'œufs et de fromage en particulier mais aussi d'aliments secs, cuits au four et trop salés) qui entraîne la surconsommation de liquides, d'une carence en légumes verts croquants, crus ou très peu cuits, de l'abus de tabac et du manque d'exercice.

Plusieurs autres signes permettent de déceler les surcharges pulmonaires. Les boutons qui apparaissent sur les joues sont la conséquence de dépôts d'acides gras et de mucus provoqués par les produits laitiers et le sucre. Des joues au teint pâle trahissent un excédent des matières grasses contenues dans les produits laitiers ; rougeâtres, elles signalent la suractivité des capillaires pulmonaires due à l'excès de fruits et de jus de fruits, d'épices, de sucre, de café ou de thé. Chez ceux qui mangent trop salé et consomment beaucoup de poisson, de volaille et d'aliments secs ou de plats cuits au four, les joues ont un aspect tendu, contracté et sont parfois striées de lignes verticales qui indiquent un ralentissement circulatoire, une contraction des alvéoles pulmonaires et une constriction des muscles respiratoires risquant d'aboutir à une pneumonie. Des joues marbrées de brun sont le signe d'une acidose résultant de la consommation de sucre et doivent sérieusement laisser craindre une évolution vers le cancer. Des marques verdâtres ou une ombre vert clair s'étendant de haut en bas à l'arrière des joues attestent d'un cancer des seins ou du poumon. Les grains de beauté situés sur les joues sont l'indice d'une ancienne fièvre pulmonaire et correspondent à un excès de protéines et de glucides. Les multiples manifestations associées au dépôt de mucus et de graisses dans les poumons peuvent signaler le développement d'allergies, de congestions nasales, de bronchites, de toux coquelucheuse, d'une tuberculose ou d'un cancer. Les surcharges pulmonaires s'accompagnent fréquemment de constipation ou d'autres troubles du gros intestin dont les poumons sont l'organe complémentaire.

RECOMMANDATIONS DIÉTÉTIQUES

Les raisons diététiques à l'origine des cancers du poumon sont identiques à celles des cancers du gros intestin et du foie. Les tumeurs pulmonaires sont une des formes les plus graves du cancer et, le plus souvent, les poumons sont partiellement ou totalement obstrués par du mucus et des substances grasses. La première mesure à prendre pour prévenir et guérir ces cancers et d'éviter, ou au moins de minimiser, l'usage des aliments très yang, notamment la viande, les volailles, les œufs, les produits laitiers, les fruits de mer et les produits farineux cuits au four. Il faut également se passer des aliments et des boissons très yin, notamment le sucre et toute les sucreries, les fruits et leurs jus, les épices, les stimulants, l'alcool, les drogues, ainsi que tous les produits artificiels, chimiquement traités et raffinés.

CONSEILS DIETETIQUES ET PROPORTION DES ALIMENTS DE BASE DANS LE REGIME ALIMENTAIRE

Céréales complètes: 60 %.
On utilisera essentiellement du riz complet semi-Iong et rond auquel on pourra de temps en temps substituer du millet, de l'orge, du blé complet, du seigle, de l'avoine, du sarrasin et du maïs. Mieux vaut éviter les produits farineux comme le pain, les crêpes et les gâteaux afin de ne pas susciter la formation de mucus, mais on pourra parfois consommer du pain complet sans levain de seigle ou de blé.

Soupes: 5 à 10 %.
Il s'agit de soupe miso et de bouillon de tamari dont il faudrait consommer un à deux bols chaque jour. On les préparera avec des algues (kombu ou wakamés) et des légumes racines ou à feuilles dures.

Légumes cuits: 20 à 30 %.
On les apprêtera de différentes façons, sans oublier que la cuisson à l'huile nécessite une très petite quantité d'huile exclusivement végétale, de sésame ou de maïs par exemple. Si les brocolis, les fanes de carottes, de navets, de daikon et le cresson sont tout particulièrement conseillés, les légumes racines, tels les carottes, le daikon, la bardane, ont également des effets bénéfiques et on pourra aussi faire un usage régulier de chou, d'oignons, de citrouille, de potimarron. Excellente en cas de troubles pulmonaires, la racine de lotus contribue à lever les difficultés respiratoires, aussi en accompagnera-t-on souvent les autres légumes. Préparés de façon macrobiotique, les pickles devront avoir subi une longue fermentation.

Légumineuses et produits dérivés: 5 à 10 %.
De façon générale, il est conseillé d'utiliser des haricots de petite taille, azukis et lentilles par exemple, et de les faire cuire avec un peu d'algues (kombu, izikis, aramés), une variété de courges d'hiver, ou encore des oignons et des carottes. Utilisés en petite quantité, les produits fermentés dérivés du soja (tempeh, miso, natto, tamari) serviront à relever et assaisonner les plats; il faudrait privilégier l'emploi de miso ou de tamari ayant fermenté au moins un an et demi.

Algues: 5 %.
On choisira surtout des izikis, des aramés, de la kombu, à accommoder de différentes façons, par exemple en les faisant cuire avec un plat de légumes ou servies à part, en accompagnement. Il serait bon d'en manger fréquemment car elles ont la propriété de débarrasser l'organisme des toxines.

Le plus sage serait d'éviter pendant quelques mois tous les produits d'origine animale, mais on pourra toutefois en satisfaire l'envie en préparant une petite portion de poissons séchés (iriko) ou une soupe de carpe à la bardane et au miso. Rien n'empêche de déguster des fruits, à condition qu'ils soient secs ou cuits et qu'on y recourt de façon exceptionnelle, toujours en très petite quantité. Mieux vaut éviter les noix, amandes et pâtes à tartiner fabriquées à partir d'oléagineux. On pourra néanmoins grignoter de temps en temps quelques graines de sésame et de citrouille grillées. Les autres conseils diététiques correspondent aux recommandations générales pour la prévention du cancer.

POUR SE SOIGNER CHEZ SOI

Tous ceux qui souffrent de troubles pulmonaires, de cancer en particulier, devraient rigoureusement s'abstenir de fumer. En s'incrustant dans les alvéoles pulmonaires, la nicotine, les goudrons et les autres composés carbonés du tabac favorisent l'accumulation de graisses, de mucus et de substances nutritives à l'origine de la formation tumorale.

Pour calmer la toux, on boira une demi-tasse de jus de racine de lotus fraîche, d'abord râpée puis pressée. Dégusté chaud, comme du thé, ce breuvage exerce une action efficace sur la congestion de la gorge ou des poumons. Ce qui reste de la racine de lotus pourra être préparé avec une soupe, ou accommodé avec un peu de tamari. Préparée de diverses façons en même temps que des légumes, la racine de lotus soulage le cancer du poumon ainsi que les troubles respiratoires et pulmonaires, notamment l'asthme et la bronchite. On pourra servir fréquemment un accompagnement de rondelles de racine de lotus crues assaisonnées de jus d'umébosi ou de vinaigre de riz.

Les cataplasmes de moutarde appliqués sur la poitrine et dans le dos apaisent également les quintes de toux.

Pour décongestionner les poumons, confectionnez un emplâtre de racine de lotus râpée épaissie avec de la farine blanche et soigneusement mélangée à 5 à 10 % son volume de gingembre râpé ; vous le laisserez en place plusieurs heures.

On soulagera les poumons en consommant chaque jour une tasse de graines de lotus cuites avec des algues kombu ou wakamés et relevées de quelques gouttes de tamari ou de miso.

Après avoir essoré une serviette trempée dans une infusion chaude de gingembre râpé, on se frictionnera entièrement, en insistant surtout sur la poitrine et l'abdomen, jusqu'à ce que la peau rosisse. Il serait bon de répéter chaque jour cet exercice qui facilite la circulation du sang, des énergies et la respiration.

L'état des poumons dépend étroitement de celui du côlon: un transit intestinal souple, régulier, quotidien, permet aux fonctions pulmonaires de s'effectuer sans à-coups et facilite la respiration. Pour remédier à la constipation ou à la stagnation de matières dans les intestins, il est absolument indispensable de mâcher très soigneusement chaque bouchée - au moins cent fois - et de ne jamais trop manger. Cette habitude permettra de restaurer une élimination correcte.

REMARQUES COMPLÉMENTAIRES

Dans les traités de médecine orientale les poumons sont considérés comme le siège des émotions, des sentiments et de l'aptitude à éprouver la tristesse. Les problèmes pulmonaires s'accompagnent souvent d'une tendance à la dépression, au manque de confiance en soi, à la claustration, de l'impression que la vie est un fardeau. Dès qu'un mieux se manifeste, il est très important de cultiver l'enjouement et la gaieté. Pour ne pas trop vous apitoyer sur vous-même, pensez aux merveilles de l'ordre de l'univers, aux extraordinaires pouvoirs de régénération de la nature, à votre capacité d'aider les autres et de les encourager en résistant à la maladie. Préférez la lecture de comédies à celle des tragédies.

Les exercices de méditation centrés sur la respiration accroissent la résistance des poumons. Au jogging, à l'haltérophilie et aux sports très actifs, vous préférerez les exercices de yoga, de Do-in, de tai-chi et des pratiques qui ont des effets stimulants sur la région cardio- vasculaire et les circuits de l'énergie.

Il faut tout autant éviter les atmosphères enfumées et empoussiérées que les environnements pollués par des gaz et des émanations chimiques industriels. Promenez-vous dans la campagne, au bord de la mer, marchez dans les bois. Veillez au bon ordre et à la propreté de votre foyer. Et, le gaz carbonique inhalé à l'intérieur risquant d'accélérer le développement de la tumeur, faites pousser des plantes vertes dans le salon et à différents endroits de la maison pour assurer un apport supplémentaire en oxygène.

Ne vous placez pas face à l'écran pour regarder la télévision car ses radiations frappent la région thoracique. De façon générale, éloignez-vous de toutes les sources artificielles d'énergie électromagnéti- que - rayons X, écrans vidéo, lignes à haute tension -, qui peuvent affaiblir les poumons et le système respiratoire.

Evitez le contact des fibres synthétiques, et choisissez, des draps et des vêtements en coton. Les personnes souffrant d'un cancer du poumon doivent en outre veiller à ne pas inhaler les fibres d'amiante , qu'on trouve dans un grand nombre d'ustensiles ménagers comme certains modèles de tabliers, de maniques et d'accessoires du même genre, dans des revêtements de sol et autres matériaux de construction. Employez dans toute la mesure du possible des fournitures et des meubles en matières naturelle.

D'après l'enseignement de Michio Kushi et Alex Jack
PREVENIR LE CANCER par l'alimentation macrobiotique